Message des 3 RASED de Lattes à l’équipe de
circonscription et aux collègues des écoles.
Préambule.
Les RASED sont très inquiets
des nouvelles mesures prises par le gouvernement par rapport à la remise à
niveau et aux 60 heures de soutien prévues pour chaque enseignant du primaire à
partir de l'année prochaine.
Quelle place sera laissée aux
RASED et aux remédiations ?
Comment les enfants vont ils
être choisis par les enseignants, sur quelles bases ?
Que faire si les familles
demandent du soutien pour un enfant qui à notre avis n'en relève pas ?
Dans un premier temps, afin
d’aider les collègues à y voir un peu plus clair dans la distinction
essentielle entre « soutien » et « remédiation », nous
avons pris notre plume et vous soumettons les quelques lignes qui suivent.
Soutien et
remédiation.
Un essai de clarification, par Alain Pergent, maître E,
avec la contribution de Pascale Gagnol, maîtresse G
en fin de formation.
Ces 2 termes désignent 2
formes d’aide que l’on peut apporter aux élèves en difficulté. Ces aides sont
différentes par leur nature mais ne sont en aucun cas contradictoires :
Le soutien
consiste à étayer des notions abordées en classe, à revenir sur tel ou tel
point du programme qui n’aurait pas été suffisamment compris ou intégré par
l’élève. Il peut être apporté à l’élève :
-
par le maître de la classe, pendant le
temps scolaire, dans le cadre d’un enseignement adapté relevant de la pédagogie
différenciée.
-
par
tout professionnel de l’enseignement ou toute personne agréée, hors temps
scolaire : aide aux devoirs et à l’apprentissage des leçons dans le cadre
d’un soutien scolaire assuré après la classe, groupes de soutien dans le cadre
d’une remise à niveau assurée pendant les jours de repos ou de vacances
scolaires, …
Le soutien scolaire entre dans
le domaine de l'explication supplémentaire et dans celui de l'aménagement de
temps particulier où l'enfant pourra travailler sereinement, en dehors du
bruit, des mauvaises conditions de travail dans sa famille…
Les RASED n’interviennent pas dans ce cadre-là car l’enfant
qui a besoin de soutien est un enfant qui va bien (malgré les conditions environnementales décrites
précédemment).
La remédiation
est un temps et un espace de respiration pour l’élève qui n’entre pas à un
moment donné dans les apprentissages, permettant de réconcilier l’enfant et
l’école. Elle est pratiquée sur le
temps scolaire par un enseignant
spécialisé (le maître E) dans
le cadre d’une prise en charge en petit groupe d’adaptation. Il s’agit de
restaurer, de recommencer des médiations qui ont fait défaut ou n’ont pas suffi
(d’où le terme de re-médiation) : en tout premier lieu, la remédiation
devra redonner à l’enfant la confiance en soi et en ses capacités
d’apprentissage.
Les démarches de remédiation
doivent
-
localiser
les obstacles à la réussite
-
établir
des objectifs
-
proposer
des situations, des activités, des supports et des modalités d’évaluation.
Ces démarches-là sont celles des RASED. (*)(**)
(*) Sylvie Cales, maîtresse G ajoute : « Le soutien ou la remédiation
(ndlr : qui ne
sont donc pas à mettre au même niveau), s'adressent à des enfants
qui n'ont pas perdu le désir d'apprendre mais qui ont du mal à y parvenir.
D'autres élèves ne sont pas disponibles aux apprentissages pour diverses
raisons (environnementales, blocages, refus, manque de désir d'apprendre...) et
dont les capacités intellectuelles ne sont pourtant pas en cause. Ses enfants
ne dépendent ni du soutien ni de la remédiation mais ont besoin d'un suivi
rééducatif
(par le maître G) et/ou
psychologique
(par le
psychologue scolaire du Rased).»
(**) Catherine Grach, psychologue scolaire, ajoute : « Le soutien procède d'un exercice ordinaire de la classe alors que la remédiation est destinée aux élèves dont les difficultés sont telles qu'elles ne peuvent se résoudre dans le cadre de la classe du fait de problématiques plus larges psycho-affectives, sociales, psychiques et intra personnelles. […]Les actions de remédiation se caractérisent par le recours à des formes de travail distinctes de celles utilisées traditionnellement dans les classes. En effet, les deux types de situations pédagogiques les plus utilisées sont le jeu et les pratiques de projets d'activités qui permettent toutes deux la pédagogie de " détour " où la place à la verbalisation de l'enfant sur ses activités est centrale. »